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atelier stories is a new intimate and caring way to meet artists and buy art.

Treat yourself to art and support our artists. You’re invited to a studio visit. We are an art store, art magazine and we bring people and artists together. Our website is fully dedicated to a new artist each month. We believe meeting artists is a thrill and creates greater affective connection with their work, that’s why we’ve decided to take you inside their studios.

We are looking forward to meeting you.

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March is all about

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she’s a painter and studies in Paris, Beaux-Arts

Read in english

Marguerite Piard a 23 ans et étudie aux Beaux-Arts de Paris. Elle a déjà participé à plusieurs expositions, notamment la foire d’art Galeristes aux carreaux du temple à Paris avec la galerie Provost Hacker en 2018. L’univers qu’elle crée est empli de femmes qui s’abandonent, libérées du regard des hommes dans des paysages oniriques, des plages exotiques. Ses personnages sont précieux et attachants. Son style est coloré et précis, à la manière de Jérôme Bosch, de nombreux détails peuplent ses peintures. Pour atelier stories, Marguerite nous raconte des histoires de femmes délicieusement désinvoltes à travers cinq peintures sur bois, véritables icones féminines, ainsi qu’une jarre - la cracheuse - et une carafe - la plage - toutes deux peintes.

 

Marguerite Piard is 23 years old and studies at Beaux-Arts, Paris. She took part to several exhibitions, including the art fair "Galeristes" in 2018, in Paris with the galery Provost Hacker. The universe she creates is full of women who let themselves go, freed from men's gaze in dreamed landscapes or exotic beaches. Her characters are precious and lovable. Her style is colored and precise, following Hieronymus Bosch, numerous details inhabit her paintings. Marguerite tells us stories of liberate women through five wood icons, and two ceramics, the spitter and the beach.

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Purchase directly from the artist

In March, you may purchase paintings and ceramics by Marguerite Piard.

Marguerite Piard

Marguerite Piard, Le Corbeau, 2018, Acrylic and oil on wood, 15x9.8cm, signed on the back. Certificate of authenticity.

EUR 200

Please send us an email hello@atelier-stories.com if you want to purchase this beauty. Payment on invoice.

Marguerite Piard, Plage rouge, 2018, Acrylic and oil on wood, 15x9.9cm signed on the back. Certificate of authenticity.

EUR 200

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Marguerite Piard, La Fontaine, 2018, Acrylic and oil on wood, 13.7x19cm, signed on the back. Certificate of authenticity.

EUR 200

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Marguerite Piard, L’oiseau défunt, Acrylic and oil on wood, 19x13.6cm, signed on the back. Certificate of authenticity.

EUR 200

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Marguerite Piard, Les allumettes, 2018, Acrylic and oil on paper, 40x28.5 cm, signed on the back. Certificate of authenticity.

EUR 300

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Marguerite Piard, Sans titre, 2018, Acrylic and oil on wood, 40.6x27.3 cm, signed on the back. Certificate of authenticity.

EUR 300

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Marguerite Piard, Carafe la plage, 2018, Acrylic and oil on terracotta, 24.5x18cm. Certificate of authenticity.

EUR 500

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Marguerite Piard, Jarre la cracheuse, 2018, Acrylic and oil on terracotta, 26x16.5cm. Certificate of authenticity.

EUR 500

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at Marguerite's studio, by Claire Illi

 

“ … I think my first contact with art was similar to many other artists. It happened when I was a child. Long sessions of Crayola squishing, noise of searching color pencils in a big box, pieces of pastels everywhere, cheap painting palette made of plastic. And then elaboration of prototypes out of cardboard or every material I could find, not quite well taped and a bit flawed. It wasn’t always pretty but it kept me busy for hours…” read more

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“…Je raffole des petits objets symboliques en peinture car ils ont un pouvoir d’interprétation infini. J’aime énormément la peinture de Jérôme Bosch car il y a des milliers de détails à voir et déchiffrer. On peut rester des heures à rêver devant ses peintures, il faut être très près de la toile car tous les détails sont extrêmement minutieux. J’aime l’idée du paradis et de l’enfer en confrontation perpétuelle, les animaux hybrides. Ça pullule et ça crie. C’est comme un théâtre… ” lire la suite

“…On a practical note, in Beaux-Arts, we are dispearsed in several studios, painting, sculpture, installation, performance, according to our preferences. We are working together, from the first to the fifth year, in order to benefit from the advice of the oldest. The work is most of the time lone but we critique and advise each other, depending of our personality and affinities. We also organize studio exhibitions twice a year, it makes us think about how to hang our pieces and different universes in a same place.

Life in a shared studio is very pleasant and yet problematic. It makes us feel less lonely… we learn a lot from the other artists. We debate about lots of topics, about art, technics, exhibitions, cinema, books, a lot of interesting or uninteresting subjects, food, weather. We drink a lot of coffee and sometimes we don’t paint and get down together… ” read more

“…J’ai beaucoup de chance car j’ai une très jolie sœur qui pose très souvent et avec beaucoup de patience pour moi. Je lui explique la position que je voudrais qu’elle reproduise et elle improvise toute une série de variations. Je la corrige de temps en temps si la position d’un pied ou d’un autre détail ne me va pas. Elle me propose beaucoup de choses et saisi bien les intentions que je veux sur son visage. Je prends beaucoup de photos durant les séances et je garde celle qui me semble la plus adaptée à mon idée de base. C’est très drôle après pour elle de se voir, car j’utilise sa position mais je métamorphose certains aspects de son corps, je rajoute de la masse, je change la carnation…” lire la suite

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Quel a été ton premier contact avec l'art?

Je pense que mon premier contact avec l’art a été le même que pour beaucoup d’autres artistes. Cela se passe dans l’enfance. Ce sont de longues sessions d’écrabouillage de crayolas, le bruit des crayons de couleurs dans une grosse caisse, des bouts de pastels partout, des palettes de peinture à l’eau en plastique bas de gamme, et puis la réalisation de super maquettes en carton pas très bien scotchées et bancales avec tout ce qui me tombait sous la main, ce n’était pas toujours très joli, mais ça m’occupait de longues heures.

Il y a eu également un puzzle offert par ma mère que j’ai fait et refait avec elle, la pie de Monet. J’étais la plus heureuse du monde si parmi les pièces toutes petites et toutes blanches, je trouvais la minuscule pie, avant que ma mère ne la trouve.

Je n’ai pas eu de véritable révélation. Je pense que l’art est quelque chose qui est ancré en moi, presque de l’ordre de l’inconscient. J’ai toujours eu besoin d’occuper mes mains et de créer. 

Je me rappelle particulièrement de l’exposition de Niki de Saint Phalle, qui m’avait bouleversée. C’était en 2014 au Grand Palais, j’avais 18 ans et je venais de rentrer en prépa de l’atelier de Sèvres. Durant cette exposition, j’ai eu pour la première fois les larmes aux yeux. Je trouvais l’imaginaire de Niki coloré, tellement puissant et attirant. J’ai été ébahie par ses monstres et ses femmes. Elle désirait plus que tout une société matriarcale et je pense qu’elle était pleine d’espoir. J’ai été immédiatement attirée par les matières qu’elle utilisait, la mosaïque, le papier mâché, je ne les avais jamais vues ailleurs. Je repense souvent au film qui était projeté durant cette exposition à propos du jardin des tarots, c’est un parc avec ses sculptures en Toscane. J’ai très envie d’aller visiter cet endroit. Je suis persuadée que les endroits magiques que l’on visite nourrissent énormément la créativité. Après cette exposition, j’étais persuadée d’avoir fait le bon choix, que j’avais eu raison de suivre la petite voix intérieure qui m’avait persuadée de m’engager dans la pratique de la peinture et d’expérimenter tous les jours le bonheur de peindre.

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Si tu devais décrire ton travail à quelqu’un qui ne l’a pas vu?

C’est principalement de la peinture à l’huile parfois sur toile parfois sur bois couvert avec une couche d’acrylique. J’aime aussi varier les supports c’est pourquoi je fais aussi des petites sculptures peintes, je peins des vases en terre cuite, des jarres, des galets etc. 

Ma peinture est très colorée. Il m’arrive de faire des portraits mais en ce moment je peins surtout des espaces oniriques plutôt exotiques, des ciels, des plages imaginaires, des eaux peuplées de femmes aux carnations différentes, beige rose, marrons ocre, noir rouge. Il y a également beaucoup d’animaux que parfois j’invente un peu. Les femmes sont souvent nues, libérées, elles s’abandonnent, et parfois les situations prêtent à sourire. Par exemple j’ai fait une petite peinture sur bois que j’ai appellé le bol à poil, une femme tapote son rasoir contre la paroi d’un bol rempli d’eau pour enlever les poils coincés dans les lames.

Je ne m’étais jamais posé la question du féminisme jusqu’à mon diplôme de troisième année, l’année dernière lorsque Julie Crenn (critique d’art et commissaire d’exposition) m’a demandé « et si je te dis que ton travail est féministe?». Cette remarque m’a beaucoup interpellé. Je ne savais pas vraiment pourquoi je peignais des femmes dans ces espaces, comme un motif qui revient sans cesse. Pour être honnête, je ne le sais pas encore très bien. Ce dont je suis sure c’est que je peins des femmes dans des espaces où elles n’ont pas peur de se montrer nues ou en maillots de bain. Elles ne subissent pas de regard pervers, celui de certains hommes. Elles n’ont pas non plus besoin de séduire et n’ont pas peur du regard des autres. Elles ont des positions d’abandon, de flottement, d’ennui, dans des situations parfois drôles.

Si ces espaces semblent être des havres de paix où les femmes cohabitent, j’aime rappeler par la présence de petits éléments symboliques, de petits objets, l’idée de la menace qui pourrait venir troubler ce calme. Cette menace peut être liée à un petit objet qui rappelle que l’homme n’est pas loin (un petit préservatif qui flotte) j’aime aussi faire des petites métaphores comme utiliser des têtards, montrer un paon qui viendrait piquer des moules pour les manger, une pieuvre dont la tête rappelle celle du sexe masculin… je préfère que chacun interprète à sa façon. Rien n’est figé.

Je raffole des petits objets symboliques en peinture car ils ont un pouvoir d’interprétation infini. J’aime énormément la peinture de Jérôme Bosch car il y a des milliers de détails à voir et déchiffrer. On peut rester des heures à rêver devant ses peintures, il faut être très près de la toile car tous les détails sont extrêmement minutieux. J’aime l’idée du paradis et de l’enfer en confrontation perpétuelle, les animaux hybrides. Ça pullule et ça crie. C’est comme un théâtre.

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Quel est ton processus créatif?

Cela dépend des jours. Parfois j’ai une idée de dessin ou peinture juste avant de m’endormir, je visualise alors cette idée en image et je la note pour ne pas oublier. Le lendemain je tente de la reproduire en croquis.

J’ai beaucoup de chance car j’ai une très jolie sœur qui pose très souvent et avec beaucoup de patience pour moi. Je lui explique la position que je voudrais qu’elle reproduise et elle improvise toute une série de variations. Je la corrige de temps en temps si la position d’un pied ou d’un autre détail ne me va pas. Elle me propose beaucoup de choses et saisi bien les intentions que je veux sur son visage. Je prends beaucoup de photos durant les séances et je garde celle qui me semble la plus adaptée à mon idée de base. C’est très drôle après pour elle de se voir, car j’utilise sa position mais je métamorphose certains aspects de son corps, je rajoute de la masse, je change la carnation.

Lorsque je crée, beaucoup de petits objets m’entourent, des grigris, des livres (the book of palms, le livre des miracles, cabinet de curiosités, le livre des symboles), des objets appartenant à ma mère, des plantes mortes… je peins en musique ou en écoutant des podcasts. Surtout en musique. J’écoute de tout, Bebo & Cigala, Maria Bethânia, Elias Rahbani, Los indios tabajaras, Feu chatterton, Khruangbin, Camaron de la Isla, Jorja Smith...tout sauf du métal (rires). Je pense que sans la musique ma peinture serait moins intéressante. 

Je n’ai pas forcément besoin d’être seule lorsque je peins mais je ne supporte pas que des gens crient ou parlent très fort à côté de moi. Je peux tout à fait parler avec quelqu’un pendant que je travaille et je trouve cela d’ailleurs très agréable d’être dans une discussion avec un ami ou un proche. Toutefois, je peins plus efficacement lorsque je suis seule et je toujours très heureuse toute seule avec ma peinture et la musique!

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Peux-tu m’expliquer comment se passe la vie et l’enseignement aux Beaux Arts?

Le concours d’entrée aux Beaux-Arts de Paris est très compliqué car il y a beaucoup de candidatures. Il se passe en deux étapes, la première est un dépôt de dossier, tu dois l’apporter toi-même physiquement aux Beaux-Arts. Pour ma part, je n’y étais jamais entrée, et… c’était une grosse claque. Je n’arrivais pas à croire que c’était une école et que des certaines de personnes avaient la chance de venir y travailler tous les jours.

Lorsque l’on voit des centaines de candidats arriver avec des énormes dossiers, des valises, de géantes sculptures sur des chariots, l’attente interminable dans le palais des études, on se dit qu’on n’a aucune chance. Durant ce moment, tu as le temps d’admirer la cour vitrée et tu te dis que tu n’as presque rien vu d’aussi beau. Tu te sens riquiqui.

Si tu passes la première étape, tu es reçu pour un oral de 10-15 minutes avec une dizaine de jurés attablés autour de toi et ton petit dossier bricolé. C’est très impressionnant.

Pour ma part j’avais récupéré une valise en métal vintage et j’avais fait des petits compartiments à l’intérieur avec une sculpture, des dessins, peintures sur papier, carnets,... comme un cabinet de curiosités portatif. Je le trouve très laid maintenant…(rires)

Après être admis aux Beaux Arts, il faut encore trouver un atelier et c’est très difficile car les ateliers sont déjà remplis et il n’y a pas vraiment de place pour accueillir beaucoup de nouveaux élèves... Il faut rencontrer plein de chefs d’atelier et en trouver un qui est prêt à t’accueillir. Pour ma part je travaille avec François Boisrond. Heureusement qu’il m’a ouvert les bras car les rejets sont vite déprimants.

Pratiquement, nous sommes répartis dans des ateliers de peinture, sculpture, installations, performances, etc, selon nos préférences. Nous travaillons tous ensemble, de la première année à la cinquième année, ce qui permet d’avoir les conseils des plus anciens. Le travail est plutôt solitaire même si on se critique et se conseille les uns les autres sur nos peintures. Nous organisons également deux fois par an des expositions d’atelier, cela nous donne l’occasion de réfléchir à l’accrochage, comment présenter ensemble nos peintures et univers si différents dans un même lieu. 

La vie d’atelier partagé est très agréable même si elle a ses problématiques. Elle permet de se sentir moins seul… On apprend beaucoup dans un atelier qu’on partage avec d’autres artistes. On débat de plein de sujets liés à l’art, à la technique, on parle d’expositions, de cinéma, de livres, de pleins de choses intéressantes ou non, de bouffe, de la météo. On prend beaucoup de café, parfois on ne peint pas et on déprime... 

Parfois, le fait de travailler dans un atelier collectif implique qu’on s’influence dans notre travail. Mais cela reste minime. Cela peut être une couleur, un détail, un fond, une composition, une référence, un même symbole qu’on utilise, une pose... Je trouve ça fabuleux qu’on s’influence mais parfois, selon qui le fait et comment, cela peut être perçu comme du plagiat.

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Je ne pense pas que ce soit difficile de construire sa propre pratique artistique car je pense que cela vient de manière naturelle, il faut expérimenter beaucoup avant de trouver sa propre manière de construire sa peinture et elle évolue tout le temps. C’est d’ailleurs ce que François Boisrond nous enseigne, de continuellement essayer de nouvelles choses et si on est en panne, dessiner, faire des « conneries », aller voir des expositions, lire… cela prend du temps d’apprendre à utiliser les médiums, à maîtriser une technique. Il faut beaucoup travailler. On apprend aussi beaucoup en regardant la peinture des autres peintres.

Ma pratique est ma plus grande passion, elle me rend heureuse tous les jours. Elle a aussi le don de me donner le cafard et me plonger dans un état de déprime et de colère quand ça ne marche pas. Les difficultés que je rencontre dans ma vie d’artiste à l’heure actuelle sont liées à mes échecs, aux jours où ça ne marche pas.

Je pense que j’ai beaucoup évolué depuis le début de mes études aux Beaux Arts (et à l’atelier de Sèvres avant cela). Avant je travaillais surtout sur papier, j’utilisais le collage (avec des papiers que je récupérais chez Emmaüs, aux encombrants, des papiers vintage) je les peignais à l’acrylique et je les recouvrais parfois avec du pastel, de l’encre, de l’huile en barre, du crayon de couleur. J’étais plus proche de l’illustration, de la bande dessinée à cette époque, je caricaturais mes personnages.

Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir trouvé une manière de peindre qui me plaît, mais je pense aussi que dans 5 ans j’aurai encore évolué vers quelque chose de différent. Je trouve cela très excitant, ne pas savoir ce que deviendra ma peinture.

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Tu parlais aussi d’illustration, peux-tu m’expliquer la différence avec la « peinture » et pourquoi tu t’en es éloignée?

Je pense que mon travail était plus illustratif il y a quelque temps dans le sens où il était plus bavard, plus caricaturé, je partais d’une idée, d’un propos que j’illustrais. Je cernais beaucoup plus mes figures, c’était plus proche de la bande dessinée que de la peinture. J’illustrais des situations mais je ne choisissais pas vraiment mon sujet, comme je le fais avec la peinture, je travaillais aussi avec du texte. C’est difficile à expliquer. Je pense qu’aujourd’hui ma peinture parle tout autant mais qu’elle est plus réfléchie. J’ai l’impression que l’illustration est moins valorisée que la peinture en tant qu’art à part entière et c’est très dommage. Par exemple, je suis très inspirée par Marion Fayolle, c’est une illustratrice dont le travail a tout d’une œuvre d’art. Elle est capable de m’émouvoir avec des formes simples et quelques mots, comme le ferait une peinture ou une musique...c’est une vraie poétesse.

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English version

Lire en français

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What was your first contact with art?

I think my first contact with art was similar to many other artists. It happened when I was a child. Long sessions of Crayola squishing, noise of searching color pencils in a big box, pieces of pastels everywhere, cheap painting palette made of plastic. And then elaboration of prototypes out of cardboard or every material I could find, not quite well taped and a bit flawed. It wasn’t always pretty but it kept me busy for hours.

I also received a puzzle from my mother, “The magpie by Monet” we used to play with it over and over again. I was very happy when – out of magic – I was able to find the magpie among the numerous very little and white pieces…before my mother did.

I don’t think I had a revelation as regard to art. It was more something that was rooted in me, almost unconscious. I’ve always needed to create and keep my hands busy.

An important moment for me was the exhibition of Niki de Saint Phalle at Grand Palais in 2014. It overwhelmed me. I was 18 years old and just entered into the preparatory class of Sèvres. It was the first time I cried ahead of art. Niki’s imaginary was colored, very powerful and attractive. I got amazed by her women and monsters. I think she wanted a matriarchal society and she was very hopeful about it. I was very attracted to the materials she worked with, “papier-maché” and mosaic. I had never seen those materials used this way before. I often think of the movie showed during the exhibition about the “jardin des tarots”, which is a garden with her sculptures in Toscana, Italy. I am very keen on seeing this place. I am convinced that magical places we visit enrich the creativity. After the show, I was definitely convinced that becoming an artist was the right choice for me, that I was right to follow this little voice inside telling me to paint.

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How would you describe your paintings to someone who hasn’t seen them?  

My work is mostly oil painting on canvass or wood with a layer of acrylic. I like to vary the medias, sometimes I create little painted sculptures, I paint vases made out of terracotta, jars, stones, etc…

My paintings are very colorful. I like to portray but at this moment I paint mostly dreamed and exotic spaces, skies, imaginary beaches, waters inhabited by women with different complexions pinky beige, brown ochre, red black. I paint also a lot of animals that I invent a bit. I represent women who are naked, freed, who are letting themselves go. The scenarios that I invent may sometimes be funny. For example, I made a little painting on wood that I called “bowl with hairs”, it represents a women who taps her razor on the sides of a water bowl, in order to take off the hairs stuck in the blade.

I’ve never really wondered about feminism until last year, during my third year diploma, when Julie Crenn (art critic and curator) asked me “what if I tell you your work is feminist?” It rang a bell. I didn’t know why I was painting women in dreamed spaces as a recurring pattern. To be honest, I have no answer yet. I am just sure that I paint women in places where they are not afraid of being themselves, to be naked or in bathing suit. They don’t suffer any kinky looks from men. They don’t need to seduce, they are not afraid of how the people look at them. They give themselves away in attitude of boredom, flotation, sometimes in funny situations.

The places I paint are havens of peace where women live together, but sometimes I like to depict a certain threat as well, a threat that could disturb the balance and quietness. To do so, I draw little objects reminding that men are not far, for example a floating condom or symbols like tadpoles or a peacock who would sting mussels to eat them, an octopus whose head looks like a male sex. I prefer when everyone make his or her own interpretation. Nothing is stuck.

I like to paint symbols in my work. This is probably the reason why Hieronymus Bosch fascinates me. Bosch is a painter who lived in the 15th century, his work contains fantastic illustrations of religious concepts and narratives. His most acclaimed work consists of a few triptych altarpieces, including The Garden of Eearthly Delights. In his paintings lay billions of details that can be interpreted endlessly. One can stay hours dreaming in front of his paintings, it is important to stay close to the canvass because numerous details are very meticulous. I like the idea of the paradise and hell that are constantly confronting, hybrid beasts. It swarms and shouts. It’s like a theater.

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What is your creative process?

I would say, it depends. Sometimes, just before I fell asleep, comes an idea of a drawing or painting. When it happens, I turn this idea into an image, and I write it down to remember it, and I try to draw it the next day.

I am very lucky because I have a very pretty sister who poses for me very often. She is very patient. I explain her the postures I want her to take and she improvises a full range of variation. I correct her from time to time in case the posture of a feet or a detail doesn’t fit. She takes a lot of liberty and understands very well which facial expression I want her to take. During those sessions, I take a lot of picture and keep those that stick to my initial idea. It is quite funny for her to see herself in my paintings because I use her posture and face but change some aspects, complexion, mass.

When I paint, I like being surrounded with a lot of little objects. Talisman, books (the book of palms, the book of miracle, curiosity cabinet, book of symbols). I also have objects that belong to my mother, and some dead plants. I paint listening to music or podcast. I listen every kind of music, Bebo & Cigala, Maria Bethânia, Elias Rahbani, Los indios tabajaras, Feu chatterton, Khruangbin, Camaron de la Isla, Jorja Smith … well except metal music (laughs). I think my paintings would be less interesting without music.

I don’t need to be alone to paint. I can totally speak to someone when I paint, to a friend or relative and I find this very pleasing. But I am more effective when I work alone, and it makes me very happy, to be alone with my painting and music!

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How is life and education in Beaux-Arts Paris?

The admission contest at Beaux-Arts Paris is very complex because there are a lot of candidates. There are two steps. First one is to file an application form, it is to be filled personally at school. As for me, it was the first time I entered in the school and… it was a big blow. I couldn’t believe it was a real school and people were actually studying here every day. There were hundreds of candidate with with big files, suitcases, giant sculptures on carts. I had to wait forever for the decision in the « Palais des études », I thought I had no chance to be taken. During the wait, I remember that I admired the glass courtyard and thought that was the most beautiful thing I ever saw. I felt really small.

In case the first step is successful, there is an oral exam that lasts 10-15 minutes with about 10 jurors seated around you and your little cobbled file. This is very impressive. As for me, I modified a metal vintage suitcase, to created several compartments filled with a sculpture, some drawings and paintings on paper, notebooks… it looked like a mobile curiosity cabinet. Now I think it is very ugly… (laughs).

After being received at Beaux-Arts, problem is to find a studio. It is not easy because the studios are already full and there is no space for the new students. I had to meet a lot of “studio head” and find one ready to welcome me. As to me, I am working with François Boisrond. I am very happy that he accepted me inside his studio because to be rejected is very depressing.

On a practical note, we are split in several studios, painting, sculpture, installation, performance, according to our preferences. We are working together, from the first to the fifth year, in order to benefit from the advice of the oldest. The work is most of the time lone but we critique and advise each other, depending of our personality and affinities. We also organize studio exhibitions twice a year, it makes us think about how to hang our pieces and different universes in a same place.

Life in a shared studio is very pleasant and yet problematic. It makes us feel less lonely… we learn a lot from the other artists. We debate about lots of topics, about art, technics, exhibitions, cinema, books, a lot of interesting or uninteresting subjects, food, weather. We drink a lot of coffee and sometimes we don’t paint and get down together.

Sometimes, working in a shared studio implies that we influence each other in our work. But it remains minor. It can be a color, a detail, background, composition, reference, a same symbol, a posture. I think it is wonderful to influence each other, but it depends who does it, sometimes it can be seen as stealing.

I don’t think building an artistic practice it is difficult, I think it comes very naturally. It requires a lot of experimentation before finding a personal way to paint, and it evolves constantly. This is exactly what François Boisrond, our studio’s head at Beaux-Arts, teaches us. To contently try new things, and in case we are experiencing a break down, he encourages us to draw, make mistakes, to visit museums, read…. Also, it takes a lot of time to properly master specific mediums or technics. It requires a lot of work. We also learn a lot by looking at how the other painters work.

My artistic practice is my biggest passion. It makes me happy every day. It also can make me depressed and angry when I am not able to do what I want, when it doesn’t work. Those failures the difficulties I am experimenting as regard to my artistic life.

I think I evolved a lot since my first year at Beaux-Arts. I used to work a lot on paper and make collages with vintage papers I was finding at Emmaüs or in the waste. I used to paint them with acrylic and sometimes pastel, ink, oil-bar, or color pencils. I was closer to illustration, comics at that time. I used to caricature my characters.

Today, I feel like I found a way of painting that I like. But I think it will evolve, and I’ll see things very differently in 5 years. I think it is very exciting, not knowing what my painting will become!

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What is the difference between painting and illustration? Why did you walk away from it?

My work was more illustrative before. It was more talkative, caricatured. I was outlining my characters. It stand closer to comics than painting. I was illustrating situations but wasn’t quite choosing my subjects. It is difficult to explain. I think my paintings talk as much as before but they are more thoughtful. I have a feeling that illustration is less valued as regard to painting, and I think it is a pity. I am for instance very inspired by Marion Fayolle. She is an illustrator and I consider her work as a piece of art. She can moves me with simple lines and words, as would a painting or a music… she’s a poet I think.

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