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atelier stories is a new intimate and caring way to meet artists and buy art.

Treat yourself to art and support our artists. You’re invited to a studio visit. We are an art store, art magazine and we bring people and artists together. Our website is fully dedicated to a new artist each month. We believe meeting artists is a thrill and creates greater affective connection with their work, that’s why we’ve decided to take you inside their studios.

We are looking forward to meeting you.

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February is all about

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she’s a painter and works in Paris

 

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Read in english

Zoé de Soumagnat est une artiste peintre qui vit et travaille à Paris. Elle a 31 ans et elle adore les fruits en plastique qu’elle trouve dans les bazars. Elle est diplômée avec les félicitations des Beaux-arts à Paris (France) et du Royal College of Art à Londres (UK). Zoé trouve son inspiration dans sa vie quotidienne, elle se ballade sans cesse et enregistre des détails, des images mentales de formes, couleurs, histoires qu’elle transpose sur ses toiles. Sa peinture est colorée, douce et poétique. Elle expose régulièrement en France et à l’étranger, on retiendra notamment son dernier solo show Blues à la galerie Last Resort, Copenhague (Danemark).

La série qu’elle présente pour atelier stories s’appelle « Looking at you », il s’agit de peintures à l’huile et acrylique sur papier. Telle une poésie, elle puise dans son répertoire intérieur d’images pour nous présenter des visages, formes et couleurs qui nous racontent de douces histoires.


 

Zoé de Soumagnat is a painter who lives and works in Paris. She is 31 years old and loves to buy fake plastic fruits in Parisian bazaars. She gratuated with honours from Les Beaux Arts in Paris (France) and from Royal college of Art London (UK). Zoé finds her inspiration in her day-to-day life wandering around, making mental notes of details, forms, colors and stories. Her paintings are colorful, gentle and poetic. She regularly gets showed in France and abroad. Among her exhibitions, one remember her last solo show "blues" in Last Resort gallery, Copenhaguen (Danmark). “Looking at you” is a series of oil and acrylic painting she created for atelier stories. In those paintings, Zoé is gently telling us stories of forms, faces, colors. She sought images from her inner world to build a poetry that brings us into a calm and safe place.

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at Zoé's studio, by Claire Illi

 
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“ … I have a strange way of painting. I paint on the ground. I don’t like to stand in front of the painting. In my mind, waving a paintbrush against the canvas implies a certain brutality in the relationship with the body and gestures. When I paint on the ground, my gestures are wider and softer. Paint lays on the canvass and doesn’t sink. I like when paint dries lying on the ground, slowly, and as it chooses. I like the idea that the canvass is resting… ” read more

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“… selon moi, le rapport quotidien à l’art est important. Il ne s’agit pas seulement d’aller dans les musées ou dans des galeries. Cette rencontre avec l’art peut se faire en regardant des cartes postales, en ouvrant un livre d’art, ou même en regardant des images sur un site internet. Quand j’étais enfant, mes parents avaient une grosse boîte à chaussures remplie de reproductions d’œuvres d’art. Je passais un temps fou à m’entourer de ces images, à les regarder et les trier, je m’en souviens comme d'un moment très fort, j’adorais regarder dedans…” lire la suite

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“…J’ai eu deux « chocs » dans ma relation à l’art. Le premier lorsque j’avais 8-9 ans durant une exposition de dessins d' Henri Matisse, des dessins de visages. J’ai été éblouie par l’efficacité et la simplicité de ses gestes. Après cette exposition, j’ai acheté un carnet et ai commencé à recopier des œuvres de Matisse d’après un catalogue que j’avais trouvé chez mes parents. Je signais très présomptueusement « Zoé de Soumagnat, d’après Matisse » ! (rires). …” lire la suite

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“…Quand on a une œuvre d’art chez soi, quelle qu’en soit la forme, reproduction ou pas - cela fait le même effet - on peut vivre avec sans y prêter attention, elle est là en toile de fond, on y pense ou on n'y pense pas, c’est quelque chose que j’adore. Je pense beaucoup à cela quand je peins, comment va-t-on regarder ces peintures, comment existeront-elles ? Je pense aux destinataires.” lire la suite

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“I paint for myself, but also for the person who will own the piece. I want my work to be as clear as possible. I want it to give emotions. It’s not just me spreading my mental bazar all over the place. It’s made to be seen, it’s made for someone…” read more

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Comment décrirais-tu ton travail à quelqu'un qui ne l'a pas vu?

(Elle rit) C’est la question que je redoutais.

C’est de la peinture, sur toile, assez colorée en règle générale, figurative dans le sens où je crois que les toiles représentent quelque chose qui n’est pas vraiment visible, qui n’est parfois que de l’ordre du signe. On reconnaît une forme d’œil ou une forme de jambe par exemple. Ce ne sont pas des jambes bien faites, c’est juste une idée de jambe. Ces signes viennent s'inscrire dans des compositions plus abstraites, et je joue aussi avec des effets de superposition et de transparence.

Ramène-moi en-haut, s’il-te-plait

Est-ce qu’on décide de devenir artiste ?

Dans mon cas devenir artiste n’a pas été une décision, ni une revendication, c’était logique et évident. Ma mère est également peintre et graveur. Ayant grandi à Paris, j’ai eu la chance que mes parents m’emmènent régulièrement voir des expositions. Même si je ronchonnais pas mal pour y aller, cela m'a habituée très tôt à regarder les formes et les images.

(Rires)

J’ai eu deux « chocs » dans ma relation à l’art. Le premier lorsque j’avais 8-9 ans durant une exposition de dessins d' Henri Matisse, des dessins de visages. J’ai été éblouie par l’efficacité et la simplicité de ses gestes. Après cette exposition, j’ai acheté un carnet et ai commencé à recopier des œuvres de Matisse d’après un catalogue que j’avais trouvé chez mes parents. Je signais très présomptueusement « Zoé de Soumagnat, d’après Matisse » ! (rires). Malheureusement, j’ai eu honte de ce carnet quelques années plus tard et je l’ai jeté. Le second déclic s’est produit à l’âge de 13-14 ans lors d’une exposition de Matthew Barney au Musée d’Art Moderne de Paris. Je me souviens que je n’ai pas vraiment saisi ce dont il s’agissait, mais j’ai été surprise de ce que pouvait être l’art, en dehors de l’image. C’est la première fois que je voyais de l’art contemporain et pas de l’art moderne ou de la peinture. J’étais étonnée et très excitée par les différentes formes que l’art pouvait prendre.

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À quoi ressemble la vie des artistes ?

La réalité, c’est que probablement 80% des artistes ne gagnent pas d’argent avec cette activité. Donc la préoccupation majeure de tout le monde, c’est comment trouver des sous pour vivre sa vie. Un atelier à Paris ça coûte cher, la vie coûte cher, à moins d’être aidé, c’est compliqué. En France il n’y a pas de statut pour les artistes, si tu n’as pas de revenus artistiques tu n’as pas de revenus tout court. Il y a des aides ponctuelles mais pas d’aides continues, il y a des résidences mais ce n’est pas facile à avoir, elles ne sont pas toutes financées. Donc, la vie d’un artiste est en grande partie construite autour de la question du revenu, comment trouver de l’argent. Ca passe souvent par de nombreux petits boulots, plus ou moins intéressants, qui viennent souvent empiéter sur le temps de création.

Ensuite vient le temps de l’atelier.

Pour ma part, mon temps à l’atelier serait très décevant si tu me filmais toute la journée. Je reste beaucoup assise à regarder ce que j’ai fait ou à penser à des choses...je n’ose même pas appeler ça réfléchir, je laisse mes pensées divaguer.

(Rires)

Mon inspiration vient des images que je récolte dans ma vie quotidienne. Je passe beaucoup de temps à marcher, à me promener, à observer et remarquer des détails insignifiants, aller à des expos, à la bibliothèque pour feuilleter des livres ou zoner sur internet. Je prends des notes visuelles ou intellectuelles que je condense ensuite sur mes toiles. J’essaie d’être très attentive aux images et aux idées qui me viennent naturellement, comment ces idées et ces images se mélangent… En général, ça prend la forme de moi assise sur un fauteuil, qui ne fait rien.

(Rires)

Certains artistes sont toujours en train de faire des choses. Pour ma part pas du tout.

Je commence par faire des esquisses sur papier des images mentales que j’ai construites. Je m’entoure de plein de papiers et je peins en général sur différentes feuilles en même temps. J’essaie de poser sur papier le condensé que j’ai créé dans ma tête, des formes, des couleurs, des histoires. Après vient le moment de la toile : parmi tous ces dessins je sélectionne des éléments, parfois quand ça a marché je reproduis un papier entier. Il m’arrive aussi de m’éloigner du récit de fond car je me dis « ah mais cette forme est super il faut que je la fasse en bleu, car j’ai envie de bleu », parfois c’est aussi bête que ça.

Pratiquement, j’ai une manière un peu étrange de peindre car je peins au sol, je mets les papiers, les toiles sur le sol. J’ai beaucoup de mal à être face à la peinture, cela engage un rapport au corps ou un geste que je trouve un peu brutal, brandir mon pinceau contre une surface. Tandis que quand je mets tout au sol, ça me permet d’avoir des gestes plus amples et plus doux. La peinture se pose sur la toile et ne coule pas, j’aime quand la peinture sèche en reposant. Il y a quelque chose du repos, la toile allongée, la peinture a le temps de sécher comme elle l’entend. Alors que quand c’est accroché au mur ça coule. Une fois que c’est sec, je la pose contre un mur et je la regarde comme on regarde une peinture normale. Je ne la regarde pas… les pieds en l’air et la tête en bas. (rires) C’est comme ça que je peins et c’est souvent assez rapide, je sais ce que je veux faire, je n’hésite pas. Ce sont des moments qui me mettent énormément la pression et qui me font très peur. Je sais que je veux faire cette forme, avec trois traits et il ne faut pas que je rate, et parfois je rate. Et c’est très frustrant ! Mais du coup c’est assez étendu comme moment. En général il faut que je sois seule, j’ai beaucoup de peine à peindre quand il y a des gens, car ce sont des moments qui me demandent beaucoup de concentration, même s’il s’agit de mettre trois traits. C’est les 3 traits auxquels je viens de penser durant une semaine, il faut qu’ils soient bien !

Sinon, physiquement dans les ateliers, il fait très froid, on est tous en train de boire des cafés collés à des radiateurs et à attendre que les choses viennent, en ce qui me concerne.  

(Rires)

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Quel est selon toi le rapport entre les artistes et le monde non-artistique?  

Je pense que l’art ou le monde artistique fait peur à beaucoup de gens. Je pense qu’on peut avoir peur d’aller dans les musées ou dans les galeries… Même moi j’ai peur d’aller dans des galeries… Il y a un rapport social effrayant et c’est dommage.

Selon moi le travail d’artiste, même s’il peut paraître déconnecté du réel ou trop intime, est toujours en lien avec ce qu’il se passe dans le monde. Si je ne parle pas explicitement dans mes peintures de politique, de problèmes de société, cela ne veut pas dire que je n'ai pas des opinions. J'aime croire que celles çi puissent transparaitre de manière infime dans mon travail. Les artistes sont souvent bien au courant des réalités puisqu'ils sont souvent très poreux au monde qui les entoure.

Je refuse toutefois de donner à l’artiste un statut spécial de personne qui aurait compris les choses, je crois que c’est faux. Je pense que l’art est nécessaire mais plutôt dans une position d’observation, de recul. C’est comme un pas de coté par rapport aux manières de faire qui permettrait de voir les choses autrement et de se poser des questions. C’est à ça pour moi que sert un artiste mais ce n’est pas une position particulièrement spéciale ou importante, elle l’est au même titre que plein d’autres choses.

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Y a t’il une incompréhension du public envers certaines œuvres, par exemple conceptuelles ?

Bien sûr, mais en même temps je suis contre l'idée qu’on produise uniquement des choses que l’on comprend pour satisfaire tout le monde. Je pense que ces moments d’incompréhension sont nécessaires. Cela peut mettre les gens en colère mais cela révèle justement des zones de tension, des noeuds. Il ne faut pas tout donner à comprendre tout le temps. Même si évidemment il ne faudrait pas que l’art devienne réservé à une élite, à des gens qui connaissent les codes de lecture.

Selon moi, le rapport quotidien à l’art est important. Il ne s’agit pas seulement d’aller dans les musées ou dans des galeries. Cette rencontre avec l’art peut se faire en regardant des cartes postales, en ouvrant un livre d’art, ou même en regardant des images sur un site internet. Quand j’étais enfant, mes parents avaient une grosse boîte à chaussures remplie de reproductions d’œuvres d’art. Je passais un temps fou à m’entourer de ces images, à les regarder et les trier, je m’en souviens comme d'un moment très fort, j’adorais regarder dedans, mais pourtant je ne me souviens même pas des reproductions, je ne pourrais pas te dire quels artistes il y avait dans la boîte. C’était l’ensemble qui me fascinait. Cela m’a appris que l’art pouvait se découvrir au quotidien, dans un temps intime.

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Pour qui peins-tu?

Je peins pour moi, mais aussi pour le destinataire. Je veux que mon travail soit lisible, clair. Que ça donne des émotions, que ça suggère des choses. Ce n’est pas seulement moi qui ai besoin d’étaler mon bazar mental en images. C’est fait pour être vu. J’ai toujours envisagé mes peintures ou les petits objets que je fabrique comme pouvant un jour arriver dans un espace domestique, et ce n’est pas quelque chose que je trouve mauvais. C’est même plutôt extrêmement réjouissant. Pour moi faire l’expérience d’une toile chez soi c’est différent que d’aller au musée. Il y a un rapport affectif qui se crée avec l’œuvre, un rapport de tranquillité. On peut observer la toile assis, tranquillement, pas debout au musée, en souffrant, avec des gens.

(Rires)

Mine de rien c’est important. On peut aussi regarder la toile sans y prêter attention. Alors que dans les lieux de l'art il faut voir des choses, il faut les comprendre. Quand on a une œuvre d’art chez soi, quelle qu’en soit la forme, reproduction ou pas - cela fait le même effet - on peut vivre avec sans y prêter attention, elle est là en toile de fond, on y pense ou on n'y pense pas, c’est quelque chose que j’adore. Je pense beaucoup à cela quand je peins, comment va-t-on regarder ces peintures, comment existeront-elles ? Je pense aux destinataires.



English version

Lire en français

To the top please

How would you describe your work to someone who hasn’t seen it ?

(She laughs) I was worried about this question…

It’s paintings, on canvass, generally colourful and figurative. Each painting represents something that is not always obvious, that could only be a sign. An eye or legs may be recognized. Those aren’t well drawn legs, but just the idea of legs.

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How is it you decided to become an artist ?

In my case becoming artist wasn’t a decision or a claim against something. It was rather logical and self-evident. My mother is a painter as well, even if she doesn’t show her work often. I grew up in Paris and therefore I was lucky enough to be taken to the museums during weekends. Even if I used to grumble before going !

(laughs)

As regard to art, I remember two decisive moments. The first one happened during an exhibition of drawings by Henri Matisse, I was maybe 8 or 9 years old. Drawings of faces were showed, and I remember that I was dazzled by the simplicity and effectiveness of Matisse’s gestures. After this exhibition, I bought a notebook and started to copy Matisse’s drawings from a catalogue I found at my parent’s house. I used to sign them in a very overconfident way « by Zoé de Soumagnat, following Matisse ». (laughs) Unfortunately, I eventually got ashamed of this notebook and I threw it away. The second moment was at the age of 13-14 during an exhibition of Matthew Barney, who makes massive installations and videos. It was the first time that I saw contemporary art and not modern art or paintings. I realized that art can take many shapes, beside images.

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What does the artists’ life look like ?

Reality is that 80% of the artists don’t make money out of it. The major preoccupation of artists is therefore how to find money to live one’s life. A studio in Paris costs money, life costs money. Unless being helped, it’s complicated. In France, there is no status for artists. If you don’t have an artistic income, you basically don’t have any income at all. There are some one-time financial supports but not on-going ones. There also are artist’s residencies, but it’s not easy to get and they are not always funded. So I would say, the life of an artist is in a large part dedicated to finding money to live.  

Then comes the time spent in studios, to create.

As for me, my typical day in the studio would be very disappointing if filmed. Most of the time, I remain seated while I watch what I’ve done or I let ideas cross my mind. I don’t even dare to call this “thinking”.

(laughs)

My inspiration comes from the ideas that I gather in my day-to-day life. I spend hours walking around, observing and noticing things, going to exhibitions, to the library to read books or bumming around on the Internet. I am constantly making some mental or visual notes that I condense on the canvass. I try to be very aware of the images and ideas that are naturally crossing my mind… It typically takes the form of me seated on a couch, doing nothing… (laughs).

Some artists are constantly doing things. It’s not my case. I begin by sketching on paper the mental images that I’ve built. I surround myself with lots of papers, I like painting on them simultaneously. I try to synthetize on paper the forms, colours, stories, that I’ve created in my mind. Then comes the big “painting on canvass” moment. Among the sketches, I select elements that I draw on paper, or sometimes an entire paper when it worked. I also sometimes get away from the story that I originally intended to tell because I think, “this shape is great. I love it! I must do it in blue, because I want blue right now” It may be as silly as this!

On a practical note, I have a strange way of painting. I paint on the ground. I don’t like to stand in front of the painting. In my mind, waving a paintbrush against the canvas implies a certain brutality in the relationship with the body and gestures. When I paint on the ground, my gestures are wider and softer. Paint lays on the canvass and doesn’t sink. I like when paint dries lying on the ground, slowly, and as it chooses. I like the idea that the canvass is resting. Once it’s dry, I place the painting on the wall and I look at it like … a normal painting… I am not looking at it with the feet in the air and the head down! (laughs). I paint in a fast manner. I know exactly what I want to do and I don’t hesitate. Those moments are putting a lot of pressure on me and frighten me a lot, because I know that I want to draw this shape with three lines, and I shall not fail! But sometimes I do fail, and it’s very frustrating. I need to be alone to paint because I need to focus entirely on the act of painting. Even if it’s about three lines, those are the lines I’ve been thinking of for one week! They have to be right!  

Also, it’s very cold in the studios, and, we (artists) are basically drinking coffees all day long while gluing ourselves to our radiators, and as far as I am concerned, waiting for things to happen.

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How do you see the relations between the artistic and non-artistic world?

I think the artistic world scares people. It may be scary to visit museums or galleries. Even I am scared of visiting galleries! It’s a social reality and it’s too bad…

People may consider artists as disconnected from the “real life”, but I don’t think it’s true. Artists are very connected to what happens in the world and well aware of the realities. Even if I am painting pink and noses, what happens out there is crucial. I am not talking about it in my work, but it’s here. I take into consideration the world in which my painting will exist.

As for the role of the artists in the society, I refuse to consider them as special persons who understood things. I believe artists and art are necessary to observe life and a keep certain hindsight with it. It’s kind of a step sideway from life and reality which make us see things differently and question us. I think that’s what artists are made for, but they don’t have a more special or important function than someone else.

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Is there a kind of misunderstanding between the audience and the art world? Especially conceptual art?

Of course! But I think artists should not only do understandable art to make everyone happy. Misunderstanding is necessary. It makes people angry but it raises questions. We don’t need to understand everything, all the time.

I think art shouldn’t be only for an elite. It shouldn’t be reserved to insiders. I believe that the day-to-day relation with art is very important. It’s not only about going into museums or galleries, and coming across art may happen while looking at postcards, opening an art book, or watching images on the Internet. When I was a child, my parents had this shoebox filled with art reproductions. I used to spend a large amount of time surrounding myself with those images, looking at them, sorting them out. It was a very strong and important moment, and still, I don’t remember which paintings were in that box. The pictures put together as a whole thing fascinated me. From this, I’ve learnt that art may be something that we meet in our day-to-day life in a very simple way and that may be less impressive than going inside galleries or museum.

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For whom do you paint ?

I paint for myself, but also for the person who will own the piece. I want my work to be as clear as possible. I want it to give emotions. It’s not just me spreading my mental bazar all over the place. It’s made to be seen, it’s made for someone. When creating, I always consider that my painting, or of the little objects I make, will potentially be in someone’s place. It’s not something I consider bad, but rather very pleasing! Experiencing art at one’s place is very different from going into museums. We develop an affective relation with the art piece, a tranquillity. We can observe the painting while seated, quietly, and not suffering in a museum with tons of people (laughs). We may look at the painting without paying attention. In the museums or gallery, we must see things, we must understand. When we own an art piece at home - it can also be a reproduction, it doesn’t matter - we live with it without noticing it every other minute. It’s here, somewhere, we think about it or not. I like this feeling! I live surrounded by images or objects, I know they exist and sometimes I observe them for the first time in years. I think about this when I paint. How will people see my work? I am thinking about the person who will own my painting.

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