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story # 4 of

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they are textile designers and study at Head, Geneva

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Marie Marie Vergne & Jeanne Martin Taton sont desginers textiles et étudient à la Head. Ce duo se rencontre sur les bancs d’école et ne se quitte (presque) plus. Elles participent notamment à la design Parade de la villa Noailles à Toulon, édition 2018. Elles pensent leurs collections comme des panoplies, des familles d’objets. C’est un va et vient joyeux entre le volume et le plat, les couleurs et surtout la volonté de retranscrire visuellement le plaisir de manupuler les matières. Marie Marie et Jeanne ont confiance en leur médium, le textile, qu’elles considèrent nomade et intemporel, discret et efficace, porteur de culture et de symbolique. Il y a aussi dans leur approche une volonté de repenser l’industrie textile, dans un mode qui irait contre le système de la fast fashion.

Pour atelier stories elles créent la collection Coulisses, des rideaux à pampilles, des mobiles muraux, tabourets, bancs et papier peint.

 

Marie Marie Vergne et Jeanne Martin Taton are textile designers and study at Head Geneva. This duo met during high school never left each other. One can remember their participation to the Design Parade organized by Villa Noailles in Toulon, 2018 edition. They think their collections as families, panoplies of objects. Their colorful work joyfully stand between volume and flat. What matter to them is to visually highline the pleasure they have to produce and manipulate materials. Marie Marie and Jeanne trust their medium, textile, and consider it as discrete and effective. Textile goes through time, it’s nomad, cultural and symbolic. The duo is also fully aware of the challenges and issues related to textile and believe that society has to rethink it, they refuse to be in the fast fashion system. For atelier stories they created the Coulisses collection, curtains with pendants, wall mobiles, stools, benches and paint paper.

 
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Purchase directly from the artist

we want you to connect with the artists and we invite you inside their studios.

Meet Marie Marie & Jeanne during opening of “I live in an art gallery” on 6 June 2019 at A.ROMY - flat gallery, Geneva (more info by email).

if want to acquire an artwork, all you have to do is send us an email (hello@atelier-stories.com) and we’ll organize everything. you’ll purchase directly from artist and we’ll decide together how to ship. we can also advise as regard to the installation of the artwork. prices include taxes and we’ll deliver you a certificate of authenticity. it’s simple!

Marie Marie Vergne & Jeanne Martin Taton

 
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Marie Marie Vergne & Jeanne Martin Taton, Collection Coulisse, 2019

Rideaux, tissu et pendeloques en metal thermo-laqué, cousus et peints a la main, , 3mx3m, CHF 1’500

Tabouret, tissu et structure en bois, peint et cousu main, 36x36x36 cm, CHF 230 (unité)

Mobile mural, metal thermo-laqué, fait main, environ H29xL55xP15 CM, CHF 430 (unité)

Banc, tissu et structure en bois, peint et cousu main, 36x26x144cm, CHF 540 (unité)

Papier peint (sur demande)


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at Marie Marie and Jeanne's studio, by Claire Illi

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“…J:our work, it is a maximalist generosity. We like to highline a pattern through several levels, maybe on textile, or in a pendant piece to a mobile, on painted paper. In our work, we like to outline the idea of false pretense and notion of having fun. What matters to us is plastic expression. We don’t want to work only with computers, we like to draw, the act of making, finishing touches. We like manipulating material. With the hands. What matters to us is to visually highline the pleasure we have to produce and manipulate materials…”

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“…MM : j’ai l’impression que je continue aujourd’hui dans ma pratique, à faire la même chose que quand j’étais enfant. Prendre une matière, la transformer, organiser des expositions. Je fabriquais des trucs avec des cailloux, des bouteilles en plastique et j’invitais ma mère, ma grand-mère à venir voir. Parfois je me dis que je fais encore la même chose, je prends du tissu qui traine et je peins dessus…”

 
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“…MM: I believe that what gives us courage, is that we strongly believe in our medium, the textile. It’s a field within a field, a singular positioning, a forgotten medium; it’s discrete and effective. It goes through time, it’s nomad, cultural and symbolic. We strongly believe in it. It’s a pleasure to work with this material.  We are also very aware about the challenges and issues related to textile and believe that society has to rethink it. We refuse to be in the fast fashion system. We consider textile as a noble material and we want to pay tribute to it…”

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“…J : Notre travail est un travail de design et nous n’avons pas de complexe à assumer la double casquette (artiste/designer). J’ai fais les beaux arts à Lyon en textile, j’ai pu voir la différence entre les deux statuts. Mais quant à nous, nous pensons plus à une complémentarité qu’à une hiérarchisation. Les mouvements qui nous inspirent sont les mouvements modernistes, comme le Bauhaus, qui veulent décloisonner les arts appliqués et visuels. Nous avons étudié les deux et on est décomplexées. Il y a une véritable volonté de travailler dans les deux directions…”

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“…J : notre travail, : c’est la générosité maximaliste… ”

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“…J: We are also very curious to discover ancient and artisanal technics for example wood, titles, marquetry, basketry. It shows different logics when put together. We are inspired by atmospheres, films, dance. We are always calling each other to share what we discover…”

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“… MM: “Ordinary” work seems mysterious to me. It’s a different system comparing to the one we live in. As an artist, you can work from home, organize your time as you want, but you have to choose everything, take decisions, undertake, dynamic comes exclusively from yourself, it’s not a work but a life style. Our life is oriented by our art practice. Work office seems intangible for me, I don’t know anyone who does it. I don’t understand what it is about. I believe certain person may have the same ideas about artists work, wondering what they do, for me it’s very clear. I’ve talked about that to people, I know about the phone, emails and all, but meeting for example, it remains a mystery and seems super abstract. Much more abstract than making things. I also don’t understand several kind jobs, like marketing for example, I don’t know what they do. I am impressed by people who work in a structure, maybe I will never be capable of it. In general, I have the feeling that all works we can do are like a game, like if we were playing that we were working, like we were doing everything for fake…”

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“…J et MM : Nous regardons surtout les artistes qui travaillent le textile. On est influencées par les artistes qui touchent au décor, au théâtral, à l’idée de costume. Nous sommes par exemple très influencées par les costumes du théâtre du Bauhaus. Nous regardons en particulier en ce moment Karina Bisch qui a ce rapport à la couleur et à des formes joyeuses. Nous regardons aussi beaucoup Ulla Von Branderburg une allemande qui crée des rideaux, des accessoires pour des performances, elle crée aussi des vidéos. Il y a quelque chose de très généreux dans sa pratique, et dans sa façon de manipuler le textile. Ann Hamilton, sur la scène US. Il y a beaucoup d’artistes femmes qui utilisent le textile comme un médium, mais d’une manière très libérée…”

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Comment décrivez vous votre travail?

MM : On est designer textile. Nous créons des collections de textiles appliqués à l’espace. Nous travaillons le textile et le motif de manière libérée. Nous pensons nos objets par collection, nous aimons fabriquer des familles d’objets où chaque matière fait valoir l’autre, c’est une conversation entre les objets et les matériaux de la collection, un ensemble.

J : Notre travail, c’est la générosité maximaliste. On aime faire ressortir un motif à travers différents plans et objets, cela peut s’inscrire sur le textile, une pampille suspendue à un mobile, un papier peint. Nous aimons la notion de faux semblant et de s’amuser. Ce qui est important pour nous, c’est l’expression plastique. On ne veut pas travailler uniquement par ordinateur, on aime l’approche du dessin, de la facture, des finitions. On aime manipuler. Avec les mains. Notre travail touche à l’artisanat, on aime travailler avec des artisans et des entreprises. Ce qui est important pour nous c’est la notion de plaisir de produire, essayer de retranscrire visuellement ce plaisir que nous avons de manipuler les matières.

MM : On aime beaucoup la couleur et rendre hommage à la matière. Notre travail consiste à passer du plat au volume, de mettre du plat dans l’espace. On ne travaille pas par modélisation sur ordinateur, on fait des maquettes, des essais. Pour sélectionner un dessin on travaille librement côte à côte puis on s’échange les dessins, c’est un véritable travail à 4 mains, toutes les décisions sont prises ensemble naturellement, comme en symbiose. On s’encourage l’une l’autre, on se laisse la possibilité et le bénéfice du doute, on se fait confiance. On a souvent des idées chacune de notre côté, puis on en discute (c’est un peu la meilleure partie !). Je parle de mon idée, Jeanne en aura 4 autre, puis mois 8 autres, et cela se construit ainsi, c’est très graduel. Parfois notre travail foisonne dans tous les sens, on est parties dans des délires complétement à coté de la plaque, on enlève 80% et il reste encore beaucoup! C’est génial d’être deux pour arriver à faire des choix. Cela nous permet aussi d’abattre plus de travail !

Quels artistes regardez-vous?

J et MM : Nous regardons surtout les artistes qui travaillent le textile. On est influencées par les artistes qui touchent au décor, au théâtral, à l’idée de costume. Nous sommes par exemple très influencées par les costumes du théâtre du Bauhaus. Nous regardons en particulier en ce moment Karina Bisch qui a ce rapport à la couleur et à des formes joyeuses. Nous regardons aussi beaucoup Ulla Von Branderburg une allemande qui crée des rideaux, des accessoires pour des performances, elle crée aussi des vidéos. Il y a quelque chose de très généreux dans sa pratique, et dans sa façon de manipuler le textile. Ann Hamilton, sur la scène US. Il y a beaucoup d’artistes femmes qui utilisent le textile comme un médium, mais d’une manière très libérée.

J : En général, c’est le travail des artistes femmes qui nous touche le plus, c’est assez « girl power » !

MM : Historiquement, les techniques du textile sont plus affiliées au féminin. Je ne pense pas que ce soit un médium de femmes dans l’absolu, mais historiquement ça l’est.

J : On est très également très curieuses de découvrir des savoir-faire artisanaux et ancestraux qui touchent des médiums nobles, par exemple le bois, le carrelage, la marqueterie, vannerie (paniers). Cela donne toujours une logique d’assemblage différente. On s’inspire des ambiances, des films, de danse. On s’appelle tout le temps pour partager ce que l’on découvre.

Etes-vous artistes ou designers?

J : Notre travail est un travail de design et nous n’avons pas de complexe à assumer la double casquette (artiste/designer). J’ai fais les beaux arts à Lyon en textile, j’ai pu voir la différence entre les deux statuts. Mais quant à nous, nous pensons plus à une complémentarité qu’à une hiérarchisation. Les mouvements qui nous inspirent sont les mouvements modernistes, comme le Bauhaus, qui veulent décloisonner les arts appliqués et visuels. Nous avons étudié les deux et on est décomplexées. Il y a une véritable volonté de travailler dans les deux directions.

 

Comment avez-vous rencontré votre pratique artistique?

MM : j’ai l’impression que je continue aujourd’hui dans ma pratique, à faire la même chose que quand j’étais enfant. Prendre une matière, la transformer, organiser des expositions. Je fabriquais des trucs avec des cailloux, des bouteilles en plastique et j’invitais ma mère, ma grand-mère à venir voir. Parfois je me dis que je fais encore la même chose, je prends du tissu qui traine et je peins dessus.

J : 8 ans et curatrice !  J’ai toujours été manuelle, ma mère l’a vu tout de suite. Elle est décoratrice et artiste, elle peint sur des structures en métal. Nous avons un dialogue artistique, ce qui est très agréable. Elle me soutient beaucoup. Quand j’étais petite, on allait souvent faire les puces, j’ai tout de suite été entourée par des variables de décoration, bricolages, par le plaisir de voir de belles choses, des choses intéressantes.

MM : j’allais tout le temps au musée. Je pense qu’on a appris à regarder et avoir un certain regard sur les objets et une certaine sensibilité aux objets. Mon père est antiquaire et collectionne les vieux objets, les petites voitures anciennes. Il m’a appris à repérer l’objet rare parmi d’autres objets, la rareté de la couleur par exemple. Nous allions beaucoup aux puces.

Quel lien avec le monde non-artistique ?

MM : De manière générale, nous n’avons pas beaucoup de contact avec le monde non-artistique. Nous avons commencé très jeunes à étudier au lycée artistique (c’est d’ailleurs le lieu de notre rencontre), donc automatiquement tout notre réseau se situe dans ce monde. Tout se construit autour de l’art. Le travail « normal » me paraît un peu mystérieux. Je comprends tout à fait qu’on puisse s’y épanouir. C’est un système complétement différent duquel on s’inscrit. En tant qu’artiste, tu choisis tes horaires, tu travailles selon la commande, dans la liberté. Tu choisis ton style de vie, tu peux travailler depuis la maison, faire des salons, mais tu dois tout choisir, tout entreprendre, la dynamique vient de toi, ce n’est pas un travail mais un style de vie. Notre vie est orientée par notre pratique. Moi, le travail de bureau me paraît abstrait, je ne connais personne qui fasse cela. Je ne comprends pas vraiment en quoi cela consiste. Je pense que certaines personnes peuvent avoir le même regard sur le travail des artistes en se demandant ce qu’ils font, alors que pour moi cela est très clair. J’en ai quand même parlé à des gens, je sais qu’il y a le téléphone, les e-mails et tout. Mais par exemple les réunions, cela reste un mystère. Cela me paraît super abstrait, bien plus que fabriquer des choses. Je ne comprends pas certains métiers, par exemple le marketing, je ne sais pas trop ce qu’ils font. Je suis impressionnée par les personnes qui travaillent dans une structure, peut-être que je n’en serais jamais capable. J’ai l’impression que tous les travails sont un jeu, c’est comme si on jouait au travail, c’est comme si on faisait tout pour de faux.

Quid du côté financier ?

MM et J : C’est évidemment une épée de Damoclès mais cela nous fait développer un aspect débrouillard. Comment faire pour que la production nous coûte moins, comment faire pour associer un aspect pécuniaire au travail. Au final, il y a beaucoup d’artistes qui travaillent à côté de leur pratique. Cela fait un peu peur, mais finalement tout le monde doit trouver du travail. Est-ce que la sécurité de l’emploi existe? On se dit que malgré tout, nous avons fait de longues études et que nous avons acquis des casquettes différentes. Dans les arts appliqués, il y a aussi une économie de projets. Nous tentons de faire en sorte que tout soit une économie circulaire. Lors de chaque projet on fait des erreurs et on apprend pour le prochain. Je vois plein de choses que l’on peut développer, comme monter des collections, tenter de se professionnaliser dans certains domaines. Il y a plein de possibles. On a envie de toucher à beaucoup de domaines. C’est la chance d’être très curieuses, on va pouvoir multiplier les projets dans des domaines plus ou moins lucratifs. Ce qui nous donne du courage, c’est qu’on a confiance dans le tissu. C’est une branche dans la branche, un positionnement singulier, un médium oublié, discret et très efficace. Il traverse les époques, c’est nomade, et c’est une matière culturelle. Il porte une symbolique et on croit en ce médium, c’est un plaisir de travailler avec cette matière. Il faut repenser l’industrie textile. Nous sommes très conscientes des enjeux du matériau et nous refusons de nous inscrire dans le système fast fashion. On considère le textile comme un matériau noble et nous voulons lui rendre hommage à juste titre.



How would you describe your work?

MM: we are textile designers but we like to work on numerous mediums to create a larger production of objects, collections of objects to be implemented in spaces. We like to create families of objects where each material puts the other forth. It’s a conversation between the different objects and material of the collection, a whole. We work the textile material and patterns in a freed way.

J: our work, it is a maximalist generosity. We like to highline a pattern through several levels, maybe on textile, or in a pendant piece to a mobile, on painted paper. In our work, we like to outline the idea of false pretense and notion of having fun. What matters to us is plastic expression. We don’t want to work only with computers, we like to draw, the act of making, finishing touches. We like manipulating material. With the hands. What matters to us is to visually highline the pleasure we have to produce and manipulate materials.

MM: We like colours and paying tribute and respect to materials. Our work is about going from flat to volume, to place volume into space. We don’t work with computers modelling, we rather create prototype, we experiment. With Jeanne we are working together, as a duo. At first, we draw, we do it together, it’s a 4 hands work. We work side by side and eventually exchange our drawings to see that happens. We take decisions together, it happens very naturally, like a symbiosis. We also enhance each other, we give to the other the benefit of the doubt, and possibility to try, we trust each other. We often have ideas on our own and then we would talk about it (that’s kind of the best part). I would talk about my idea and Jeanne will have 4 other ideas, and I would add 8 more, and it is how we build things, it’s a gradual process. Sometimes we have too much material, and we realise that we’ve been to far in many directions, so we end up putting 80% away and what stays is still huge! Working in a duo makes choices easier and it also allows us to achieve more work!

What about your inspirations?

J and MM: we are mostly influence by artists who would work around notions of decoration, theater, costumes. We are also very influenced by the Bauhaus costumes. For example, we are currently looking at Karina Bisch who works with costume and joyful shapes. We also look at Ulla Von Branderburg, a German artist who creates curtain, accessories for performances, also videos. There is something very generous about her work, and the way she works with textile. Ann Hamilton too, on the US the scene. There are quite a lot of women artists who use textile as a medium, in a very freed way.

J: We usually are pretty influenced by women artists, it is quite girl power!

MM: it is also interesting how historically textile technics are affiliated to women, even if I don’t believe it’s a woman’s material.

J: We are also very curious to discover ancient and artisanal technics for example wood, titles, marquetry, basketry. It shows different logics when put together. We are inspired by atmospheres, films, dance. We are always calling each other to share what we discover.

Are you artists or designers?

J: Our work is a design work but we are also artists and have no complex assuming this double role (artist and designer). I studied at Beaux Arts Lyon in textile and I had the opportunity to observe the differentiation between the two positions. We prefer to think the relation between both more like a complementarity, rather than a ranking. The artistic movements that inspire us, like modernists movements and Bauhaus in particular, aimed at making applied art and visual art to work together. We studied both and have no complex working in the two directions.

How did you meet your art practice?

MM: I have the feeling that I’ve been doing the same thing ever since I am a child. Grab a material, transform it, and organize shows. I was making things with rocks, plastic bottles and I invited my mom and grandmother to see. Sometimes I believe I still do the same, grab a piece of textile than hang around and paint on it.

J: 8 years old and already curator! I’ve always been manual and my mom saw it. She is a decorator and artist, she paints on metal structure. We have an artistic dialogue, which is very pleasant. She supports me a lot. When I was a child, we use to go to the flea market often. From the beginning, I was surrounded by decoration, handiwork, by the pleasure of seeing beautiful and interesting things.

MM: I remember that I was always visiting museums. I think we’ve been taught to genuinely look at things. My father is an antique dealer and collect old objects, ancient little cars. He taught me how to identify the rare object alongside other object, for example scarcity of colors. He taught me how to look at objects and how to have a sensibility toward them.

What is your relationship with non-artistic world?

MM: generally speaking, we don’t have a lot of contact with the un-artistic world. We’ve been in the art world since we are very young, it all started art high school (this is by the way where we met) and automatically our entire network was built in the art world. Everything is built around art. “Ordinary” work seems mysterious to me. It’s a different system comparing to the one we live in. As an artist, you can work from home, organize your time as you want, but you have to choose everything, take decisions, undertake, dynamic comes exclusively from yourself, it’s not a work but a life style. Our life is oriented by our artistical practice. Work office seems intangible for me, I don’t know anyone who does it. I don’t understand what it is about. I believe certain person may have the same ideas about artists work, wondering what they do, for me it’s very clear. I’ve talked about that to people, I know about the phone, emails and all, but meeting for example, it remains a mystery and seems super abstract. Much more abstract than making things. I also don’t understand several kind jobs, like marketing for example, I don’t know what they do. I am impressed by people who work in a structure, maybe I will never be capable of it. In general, I have the feeling that all works we can do are like a game, like if we were playing that we were working, like we were doing everything for fake.

What about the financial side of the artist’s life?

MM and J: that’s a sword of Damocles, but it makes us resourceful. We have to find solution on how to reduce production costs, how to associate a monetary side to our work. There are a lot of artists who work beside their artistical practice. Of course it is a bit scary but, at the end of the day, everyone has to find a job. Does work security exists? We have been studying for many years and we’ve acquired a lot of knowledge. Within applied arts, there is real a project economy that we have learnt. We try to create a circular economy. During each project, we make mistake and we learn for the next one. I see many things that we could develop, like collections of objects, getting professional in certain areas. There is a lot of possible ways. We want to touch many fields. We are lucky to be very curious, we can have several projects that are more or less lucrative.  

I believe that what gives us courage, is that we strongly believe in our medium, the textile. It’s a field within a field, a singular positioning, a forgotten medium; it’s discrete and effective. It goes through time, it’s nomad, cultural and symbolic. We strongly believe in it. It’s a pleasure to work with this material.  We are also very aware about the challenges and issues related to textile and believe that society has to rethink it. We refuse to be in the fast fashion system. We consider textile as a noble material and we want to pay tribute to it.

 

 

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